4) La fleur : du motif au tableau

4) La fleur : du motif au tableau
La nouvelle Ecole des Beaux-Arts ouverte en 1807 a pour ambition de former des dessinateurs pour la Fabrique. Les élèves acquièrent des connaisances dans l'art de l'imitation par le dessin, ainsi qu'en sculpture. Ils apprennent également la botanique, avant de passer par la classe d'ornement qui prélude à la classe de la fleur. La personnalité des enseignants successifs a marqué l'art de la fleur à Lyon et cela d'autant plus fortement que cinq professeurs seulement se succède entre 1809 et 1918 : Baraband, Berjon, Thierriat, Reignier et Castex-Degrange. Avec eux, la fleur ne reste pas soumise aux exigences de l'industrie. Elevée au rang de genre pictural, elle se libère des compositions en bouquets ou en jetés. Les compositions florales se déploient parfois sur de grands formats, sont associées à des figures, à des symboles politiques...
La notoriété d'un Simon Saint-Jean en Europe est considérable, ce dernier parvenant à exposer en 1851 à l'Exposition universelle au Crystal Palace de Londres. Malgré cette reconnaissance, c'est à lui que s'adressent les critiques de l'écrivain Charles Baudelaire lorsqu'il décrit l'Ecole de Lyon comme "le bagne de la peinture, l'endroit du monde connu où l'on travaille le mieux les infiniment petits".

huile sur toile de Jan DAVIDSZ DE HEEM, Guirlande de fleurs et de fruits avec le portrait de Guillaume III d'Orange, vers 1661-1672
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# Posté le samedi 05 mai 2007 14:48

5) Pour un renouveau spirituel

5) Pour un renouveau spirituel
Des poètes et écrivains, prophètes et prédicateurs, forment ce que l'on appelle "l'école mythique de Lyon" : Ballanche, Ozanam, Laprade et Blanc de Saint-Bonnet contribuent à baigner la ville dans un spiritualisme qui influence Louis Janmot ou Paul Chenavard. Hippolyte Flandrin participe aussi à ce renouveau religieux.
Le Bien et le Mal de Victor Orsel présenté au Salon de 1833, La Pietà d'Hippolyte Flandrin exécutée vers 1842, comptent parmi les oeuvres les plus emblématiques de cet art religieux. Véritable tableau expérimental, Le Bien et le Mal exprime les convictions morales et religieuses d'Orsel qui, peu à peu, se sont précisées au contact des Nazaréens. Il est convaincu que sa foi et son attitude d'artiste doivent désormais s'exprimer par la peinture murale. La Pietà de Flandrin, peinte à l'occasion de la mort d'Auguste, frère de l'artiste, s'impose par sa dramaturgie formelle. Elle renvoie elle aussi à l'art de la fresque qui caractérise l'art lyonnais dans la première moitié du 19ème siècle.

tableau de V. ORSEL, Le Bien et le Mal, 1832
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# Posté le samedi 05 mai 2007 15:02

6) Un art philosophique

6) Un art philosophique
Vers 1859, Baudelaire qui garde un mauvais souvenir de sa jeunesse à Lyon, associe l'école lyonnaise des Janmot et Chenavard à "l'art philosophique", c'est-à-dire à "une monstruosité où se sont montrés de beaux talents". Parmi ces "peintures qui pensent", le poète cite des Allemands tels que Friedrich Overbeck et Peter Cornelius, qui "assimileraient l'art plastique à la pensée écrite".
Péripéties de l'âme au cours de son passage sur la terre chez Janmot ou vision cycliques d'une humanité qui n'avance que par morts et résurrections successives chez Chenavard, ses oeuvres inclassables s'affichent comme "philosophiques" pour Baudelaire. Cette peinture s'est développée à Lyon surtout auprès d'une génération familière des doctrines illuministes introduites à la fin du 18ème siècle par Louis-Claude de Saint-Martin, et perpétuées au 19ème siècle par le philosophe Pierre-Simon Ballanche et le poète Victor de Laprade. Ce sont des visées spirituelles et utopiques que Baudelaire refuse de comprendre.

tableau de Sir Edward Coley Burne-Jones, La roue de la Fortune, 1877-1883
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# Posté le samedi 05 mai 2007 15:19

7) L'histoire au présent

7) L'histoire au présent
Natif de Lyon mais ayant fait carrière à Paris, Ernest Meissonier fait quelques tentatives dans le domaine de la peinture d'histoire classique, rêvant, comme Paul Chenavard, de décorer le Panthéon. C'est cependant l'histoire contemporaine qui l'inspire. Certaines de ses oeuvres présentées ici évoquent de grands évènements dont il est le témoin et qu'il interprète de façon très personnelle : ainsi La Barricade est-elle liée à la révolution de 1848; Les Ruines des Tuileries à la guerre franco-prussienne et à la Commune de Paris en 1870 et 1871. Meissonnier a en commun avec son contemporain allemand, le peintre Adolphe Menzel, la passion de l'histoire; l'un et l'autre seront les interprètes les plus saisissants de la Révolution de 1848.
La thématique militaire traverse également, cachée, allusive, l'oeuvre d'artistes tels que Antoine Vollon. Dans ses oeuvres, les hallebardes et les armures introduisent l'histoire dans l'atelier : celle d'une époque que l'éloignement dans le temps a rendue inoffensive.

Tableau de Ernest Meissonier, La Barricade, 1848

# Posté le dimanche 06 mai 2007 04:30

8) Le paysage : de l'atelier au plein air

8) Le paysage : de l'atelier au plein air
Alors que l'Italie avait été autrefois le terrain d'étude préféré des peintres de paysage, la nature s'y confrontant à l'idéal classique, les peintres de la jeune génération de 1830 cherchent en France des lieux dont la dignité peut égaler les collines romaines ou les paysages du Latium.
Les artistes lyonnais explorent les rives de la Saône, peignent les marais de la Dombes, les monts du Lyonnais, les collines de Morestel, placent leur chevalet devant l'écluse d'Optevoz... Autant de lieux qui s'imposent à eux, orientent les styles propres à chaque artiste, comme les étangs d'Optevoz, longtemps chers à Adolphe Appian, ou la campagne de Morestel pour François Ravier.
L'identité des paysagistes lyonnais est celle du refus de l'effet dramatique. Attentifs à leurs confrères parisiens mais indépendants, ils ont accompagné les recherches des peintres de l'Ecole de Barbizon. Loin des vues italianisantes d'un Paul Flandrin, ils cherchent à redéfinir un paysage débarrassé de toute recherche du pittoresque.

tableau d'Adolphe Appian, Temps gris, marais de la Burbanche, 1868
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# Posté le dimanche 06 mai 2007 04:47