Alors que l'Italie avait été autrefois le terrain d'étude préféré des peintres de paysage, la nature s'y confrontant à l'idéal classique, les peintres de la jeune génération de 1830 cherchent en France des lieux dont la dignité peut égaler les collines romaines ou les paysages du Latium.
Les artistes lyonnais explorent les rives de la Saône, peignent les marais de la Dombes, les monts du Lyonnais, les collines de Morestel, placent leur chevalet devant l'écluse d'Optevoz... Autant de lieux qui s'imposent à eux, orientent les styles propres à chaque artiste, comme les étangs d'Optevoz, longtemps chers à Adolphe Appian, ou la campagne de Morestel pour François Ravier.
L'identité des paysagistes lyonnais est celle du refus de l'effet dramatique. Attentifs à leurs confrères parisiens mais indépendants, ils ont accompagné les recherches des peintres de l'Ecole de Barbizon. Loin des vues italianisantes d'un Paul Flandrin, ils cherchent à redéfinir un paysage débarrassé de toute recherche du pittoresque.
tableau d'Adolphe Appian, Temps gris, marais de la Burbanche, 1868